Ce que tu as caché aux sages et aux savants

    De Wiki Maria Valtorta
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    "Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits." (Matthieu 11,25).[1]
    Cette prière de Jésus, chez Matthieu 11,25-27, suit immédiatement les malédictions contre Corozain, Bethsaïde et Capharnaüm. Chez Luc 10,21-22, elle suit le retour joyeux des soixante-douze disciples. Marc n'en parle pas, mais Jean présente plusieurs passages très proches de la seconde partie de la prière[2]. L'exégèse s'est posée la question du lien entre tous ces éléments et celle du sens à donner à ce qui est caché aux savants et révélé aux tout-petits. Dans le récit de Maria Valtorta[3] cette prière intervient en conclusion du témoignage rendu à Jean-Baptiste, selon le récit de Matthieu, ce qui le contextualise en éclairant sa cohérence et son sens.

    Les questions soulevées par l'exégèse[modifier | modifier le wikicode]

    Entre Matthieu et Luc, quel est le vrai contexte ?[modifier | modifier le wikicode]

    Dans Matthieu, l'exultation de Jésus suit l'imprécation contre cette génération et les villes impénitentes. Tandis que chez Luc, c'est au retour de mission des 72 disciples que Jésus se réjouit de leur succès. Ce qui influe sur leur narration textuelle et leur éclairage théologique respectifs bien que leurs récits soit très proches.

    Matthieu insiste sur la souveraineté du Père dans la révélation. Celle-ci est donnée à ceux qui, comme les disciples, acceptent le message de Jésus. La révélation aux "petits" contraste avec l’incrédulité des villes juives (Matthieu 11,20-24).

    Luc souligne le rôle de l’Esprit Saint comme source de joie et de révélation, en lien avec la mission des 72 disciples (Luc 10,1-12). La révélation aux "petits" s’inscrit dans la mission aux païens. La révélation est un signe que le Royaume de Dieu est proche (Luc 10,9.11).

    Qui sont les “sages et les savants” et qui sont les “tout-petits” ?[modifier | modifier le wikicode]

    Pour l'exégèse, il ne s'agit pas d'une différence intellectuelle (ceux qui sont instruits et ceux qui sont ignorants) mais d'une différence spirituelle (tous ceux qui s'appuient sur leur propre sagesse). Ainsi Dieu ne ferme pas arbitrairement les yeux des hommes. Ce sont les "sages" qui se ferment eux-mêmes par leur suffisance. La révélation demeure offerte à tous, mais seuls les humbles la reçoivent[4].

    Bien que le texte grec emploie le mot νήπιοι (nēpioi) littéralement "nourrissons", l'exégèse exclue qu'il s'agisse d'enfants au sens biologique, pour privilégier une interprétation visant les disciples, les humbles, les croyants ouverts à Dieu.

    Quoi et pourquoi Dieu cache-t-il ou révèle-t-il selon sa volonté bienveillante ?[modifier | modifier le wikicode]

    Les deux textes des évangélistes affirment la connaissance mutuelle exclusive entre le Père et le Fils, et le rôle du Fils comme médiateur de la révélation. Luc rajoute: "Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir". Pour eux, la révélation divine n’est pas accessible par la sagesse humaine, mais par l’humilité et la foi.

    L'exégèse voit principalement dans Matthieu11,25-27 les principes suivants:

    1. La révélation est un don de Dieu, non une conquête intellectuelle.
    2. L'humilité est la disposition fondamentale pour accueillir cette révélation.
    3. La relation unique entre le Père et le Fils (v. 27) fonde toute la révélation chrétienne.

    Dans Maria Valtorta[modifier | modifier le wikicode]

    Le contexte comparé[modifier | modifier le wikicode]

    L'épisode se situe à Capharnaüm. Jésus a envoyé ses apôtres prêcher deux par deux durant la semaine. Cette fois-ci Matthieu, blessé au pied, est resté et devient témoin d'une journée qu'il raconte dans son chapitre 11,2-27. Luc la rapporte dans trois passages successifs: Luc 7,18-35 puis Luc 10,13-15 et 10,21-22. Ce rattachement est perceptible dans le récit de Maria Valtorta[5] où, par exemple les versets de Luc 7,35 et de Luc 10,21 sur la révélation aux tout-petits se répondent[6] à l'identique du texte grec qui emploie le même mot: νήπιοι (nēpioi=nourisson).

    Le contraste entre les bienfaits reçus et la reconnaissance obtenue[modifier | modifier le wikicode]

    Les disciples du Baptiste surviennent au moment où Jésus multiplie les miracles. À la question que le Baptiste leur avait demandé de poser, Jésus répond par l'énoncé des miracles qu'ils constatent: il fait témoigner les miraculés et rajoute:

    Synthèse[modifier | modifier le wikicode]

    Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

    1. Illustration générée par IA.
    2. La fin de la prière rapportée par Matthieu 11,27: "Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler" se retrouve en : Jean 3,35 | Jean 5,19-27 | Jean 10,15 | Jean 17,1-8.
    3. EMV 266.14.
    4. Exégèse renforcée par le contexte de Matthieu 18,3 | Matthieu chapitre 23 | 1 Corinthiens 1,18-31.
    5. EMV 266.
    6. Aux envoyés de Jean-Baptiste en EMV 266.13: "En vérité je vous le dis que seuls les tout petits savent reconnaître la vérité parce qu'il n'y a pas de malice en eux." - Dans la prière finale en EMV 266.14: "d'avoir caché ces choses aux sages et aux savants et de les avoir révélées aux petits."