Le Romain possédé et son frère

    De Wiki Maria Valtorta
    "Permets-moi de t'entendre parler... Permets-moi de parler de toi dans ma patrie..." (EMV 129.3)

    En EMV 129, Jésus commence la vie commune avec ses apôtres (Jean 3,22) dans un endroit retiré non loin du Jourdain. Progressivement le public afflue dans l’espoir d’une guérison, d’une délivrance, d’un conseil. Parmi eux un riche romain et son frère possédé. Malgré les réticences de ses disciples envers ces païens, Jésus le délivre et prophétise l’expansion universelle de sa Parole.

    Points remarquables[modifier | modifier le wikicode]

    Ces Romains sont anonymes et ne se rencontrent qu’une fois dans l’œuvre, mais l’épisode met l’accent sur plusieurs points marquants :

    1. Jésus évangélise les païens à partir de leur culture et de leurs bonnes dispositions d’où il suscite l’élévation progressive et la mise en forme des pensées confuses.
    2. L’exemple sur lequel il s’appuie est l’occasion d’illustrer une connaissance remarquable de Maria Valtorta, longtemps prise pour un anachronisme grossier.
    3. Il prédit la christianisation de Rome et l’ouverture de son Royaume aux païens.

    1. Évangélisation des païens dans leur culture[modifier | modifier le wikicode]

    Le Romain qui vient demander la délivrance de son frère possédé croit dans le savoir-faire de Jésus : c’est "un homme [qui] guérit tout le monde". Mais ils ne sont même pas des prosélytes, "juste des Romains, fidèles aux dieux."[1].

    Jésus acquiesce : "C'est vrai, vous êtes païens." Mais ce n’est pas un rejet, seulement le début d’un dialogue qui amène le Romain, en bonne disposition, à s’ouvrir à Dieu et à l’âme. Pour cela Jésus part de sa culture en citant un écrit de Galien, un auteur romain. Cette approche, totalement nouvelle dans un milieu qui considère les Romains comme des impurs et des envahisseurs, bouleverse la Romain. L’exorcisme de son frère, ligoté en raison de sa violence, achève de le "convertir": il veut adorer Jésus qui le renvoie à la connaissance du vrai Dieu.[2]

    2. Le faux anachronisme[modifier | modifier le wikicode]

    Au Romain qui s’interroge sur Dieu, Jésus lui répond par une citation de Galien. Le Romain en est stupéfait. Longtemps on a cru voir ici un anachronisme grossier qui décrédibilisait l’ensemble de l’œuvre de Maria Valtorta : Galien est en effet un auteur postérieur à Jésus. Cependant les travaux récents ont fini par identifier un Galien contemporain de Jésus-Christ[3]. Maria Valtorta ne pouvait devancer ces travaux.

    3. L’universalité du Salut et l’évangélisation des païens[modifier | modifier le wikicode]

    Cette guérison controversée, est l’occasion d’initier un enseignement que Jésus développera par la suite : l’ouverture universelle du Salut, y compris aux païens. Cette tâche incombera aux apôtres qui devront "De toutes les nations [faire] des disciples"[4] .

    Plusieurs épisodes reprendront ce thème difficile à comprendre pour la mentalité de l’époque : La foi du centurion de Capharnaüm, la guérison de la fille de la cananéenne (syro-phénicienne), les ouvriers de la onzième heure (de la vigne), … Même après la Pentecôte Pierre et les apôtres auront des réticences envers les païens. Il faudra l’épisode du centurion Corneille pour commencer à les surmonter[5].

    En comparant la guérison du possédé Romain à celle de Nââman le syrien guéri de la lèpre[6], Jésus pose les fondamentaux de la guérison par intercession[7] :

    • La foi, même minime, suffit pour approcher Dieu.
    • L’humilité est la clé de la grâce.
    • Le miracle physique sert la foi et l’évangélisation.

    Le Salut ouvert à toutes les nations[modifier | modifier le wikicode]

    Jésus affirme: "Je ne suis pas venu seulement pour Israël, mais pour rassembler toutes les nations sous une seule houlette, celle du Ciel." . Il annonce que bientôt, de nombreux païens reconnaîtront le Dieu un et trine et demanderont à l’adorer, même sur leur sol païen.

    La guérison est récompense de leur foi: Les Romains, déçus par leurs dieux et leurs médecins, ont cru en l’inconnu (Jésus, méprisé en Israël). Leur foi, bien que "erronée" (imparfaite), est suffisante pour recevoir la grâce.

    La portée missionnaire[modifier | modifier le wikicode]

    Comme Naamân, les Romains deviendront des missionnaires : ils proclameront la vérité sur Dieu dans leur patrie. Leur guérison physique est un signe qui ouvre à une conversion spirituelle : "ils ont la joie de dire : nous savons qu’il y a un Dieu bon qui nous aime"[7].

    Il invite l’assemblée réticente à imiter la foi des païens.

    Notes et références[modifier | modifier le wikicode]