Baiser

    De Wiki Maria Valtorta
    Le baiser de Judas à Jésus pour le trahir - James Tissot, musée de Brooklyn.

    (Jésus dit) : "Venez. Mes bras sont ouverts. J’ai souffert de les avoir cloués sur la croix uniquement parce que je n’aurais pas pu vous y serrer et vous bénir. Mais maintenant, ils sont libres de vous attirer sur mon cœur. Ma bouche a pour vous des baisers de pardon, mon cœur, des trésors d’amour".[1]

    Dans "l'Évangile tel qu'il m'a été révélé"

    • Guérison de la femme aphone guérie par le baiser laissé par Jésus sur le front de son enfant[2]
    • Le baiser matinal de Jésus et Marie : Il la salue, il la rejoint. Comme il est doux, leur baiser ! Jésus entoure ses épaules de son bras gauche et l'attire à Lui en la baisant sur le front, à la naissance des cheveux, et puis il s'incline pour que sa Mère lui donne un baiser sur la joue. Mais ce qui complète la suavité de cet acte est le regard qui accompagne le baiser. Le baiser de Jésus est tout amour avec pourtant quelque chose de majestueux et de protecteur. celui de Marie est toute vénération tout en étant tout amour. Dans ce baiser, il semble que Jésus soit le plus âgé et elle une fille toute jeune qui reçoit, de son père ou d'un frère beaucoup plus grand, le baiser matinal.[3]
    • (Autour de Jésus) : Parmi les enfants il y a Jeanne et Tobie, la sœur et le frère qui, il y a déjà longtemps, se disputaient pour des figues, et ils disent à Jésus en touchant de leurs petits mains la taille élevée de Jésus pour attirer son attention : "Écoute, écoute. Aujourd'hui aussi nous avons été bons, sais-tu ? Nous n'avons jamais pleuré. Nous ne nous sommes jamais taquinés par amour pour Toi. Nous donnes-tu un baiser ?"-"Vous avez donc été bons et par amour pour Moi ! Quelle joie vous me donnez. Voici mon baiser, et demain, soyez meilleurs encore."[4]
    • Ananias, Parent âgé de Marie de Kériot, mère de Judas : Effrayé, c'est lui qui viendra lui annoncer la trahison de son fils : “Ton fils a trahi le Maître et l’a livré à ses ennemis ! Il l’a trahi par un baiser et j’ai vu le Maître frappé et couvert de crachats, flagellé, couronné d’épines, chargé de la croix, crucifié et mort par l’entremise de ton fils. Et notre nom, les ennemis du Maître le crient en triomphant insolemment et on raconte les actions de ton fils qui, pour moins que le prix que coûte un agneau, a vendu le Messie et en le trahissant par un baiser il l’a indiqué aux gardes”[5]
    • La trahison de Judas au Gethsémani : Judas s'approche soutenant le regard de Jésus, redevenu le regard étincelant de ses jours les meilleurs. Et il n'abaisse pas son visage. Au contraire il s'approche avec un sourire de hyène et le baise sur la joue droite.
      "Ami, et qu'es-tu venu faire ? C'est par un baiser que tu me trahis ?"
      Judas baisse un instant la tête, puis la relève... insensible au reproche comme à toute invitation au repentir.[6]
    • C'est Sadoc le scribe, un des ennemis acharnés de Jésus[7], qui pousse le sadisme jusqu'à suggérer à Judas de désigner le Christ à l'arrestation, par un baiser[8].
    • Juste avant l'Ascension, le retour de Jésus ressuscité vers son Père : (...) (Jésus et Marie seuls). Ils s’arrêtent, se regardent, l’un en face de l’autre, puis Jésus ouvre les bras et accueille sa Mère sur sa poitrine… Oh ! c’était bien un homme, un fils de femme ! Pour le croire, il suffit de regarder cet adieu ! L’amour déborde en une pluie de baisers sur la Mère tant aimée. L’amour couvre de baisers le Fils tant aimé. C’est à croire qu’ils ne pourront se séparer. Quand ils semblent le faire, une autre étreinte les unit encore et, parmi les baisers des paroles de réciproque bénédiction…

      Oh ! c’est vraiment le Fils de l’homme qui quitte celle qui l’a engendré ! C’est vraiment la Mère qui congédie son Fils pour le rendre au Père, c’est le gage de l’Amour à la Toute‑Pure… Dieu qui embrasse la Mère de Dieu !…[9]

    Dans les autres ouvrages de Maria Valtorta

    Dans les Cahiers

    • Catéchèse du 8 juin 1943 : (Jésus dit) : "Venez. Mes bras sont ouverts. J’ai souffert de les avoir cloués sur la croix uniquement parce que je n’aurais pas pu vous y serrer et vous bénir. Mais maintenant, ils sont libres de vous attirer sur mon cœur. Ma bouche a pour vous des baisers de pardon, mon cœur, des trésors d’amour".[10]

    La question du baiser sur la bouche

    Article inédit de Jean-François Lavère.
    "Baiser sur la bouche. Pour baciosulla bocca. Quelques lecteurs ont pu être surpris de ce que Jésus puisse embrasser sur la bouche l’apôtre Jacques (258.9), Judas (406.6), Abel le ressuscité (475.6), ou aussi un enfant muet pour lui délier la langue (516.2). Et peut-être même Lazare, lorsqu’il lui impose les mains et l’embrasse pour, dit-il « pour te donner toute force » (415.3).

    Le baiser sur la bouche se trouve plusieurs fois évoqué dans la Bible, notamment sous la forme du « baiser de paix ». Le mot latin osculum (petite bouche, baiser) ou le verbe deosculor (baiser) employés dans les textes bibliques (Gn 27,26 ; 48,10 ; 1 S 20,41 ; etc.) permettent d’affirmer que ce baiser était pratiqué dans la Judée ancienne. C’était un geste symbolique étroitement lié aux passages bibliques où le souffle de Dieu (Gn 1,2) transmet la vie et anime la créature (Ps 104,29-30 ; Za 12,1 ; Ha 2,19 ; Jb 27,3).

    Ce même souffle dans la bouche, dont se sert Jésus pour ranimer un bébé moribond (345.5 et 368.7), ou pour guérir un homme souffrant d’un cancer de la langue (385.7). En 388.5, Judas lui-même, dans un moment d’intense émotion demande à Jésus : « Un baiser, Maître, un baiser pour ta bénédiction et ta protection ». Même s’il n’est pas précisé qu’il s’agisse là aussi d’un baiser sur la bouche, le contexte permet de le supposer... Puis Judas renouvelle cette demande en 406.6, et Jésus l’embrasse sur les yeux, sur la bouche et sur le cœur « pour chasser les brumes, pour te faire sentir la douceur de Jésus, pour fortifier ton cœur ».

    Au 1er siècle, saint Paul (Rm 16,16 ; 1 Co 16,20 ; 2 Co 13,12 ; 1 Th 5,26) et saint Pierre (1 P 5,1) ont recommandé, dans leurs lettres, le baiser de paix entre croyants et cette pratique s'est répandue dans le christianisme jusqu’au Moyen-âge.

    Saint Bernard (Docteur de l’Église), commentant (dans pas moins de 8 sermons !) le premier verset du Cantique des Cantiques : « Qu’il me baise d’un baiser de sa bouche », déclarait « Heureux baiser, et admirable de merveilleuse complaisance, où ce n’est pas une bouche qui se pose sur une autre bouche, mais Dieu qui s’unit à l’homme... Ici l’alliance des natures associe l’humain au divin » (Sermon sur le Cantique 2,3). Aux paragraphes 5-9, saint Bernard interprète ce baiser comme le baiser de paix donné par Dieu à l’humanité, « signe et gage de réconciliation entre lui et les hommes pécheurs ». Il considère qu’il s’agit de l’expérience mystique la plus élevée, « baiser de suprême complaisance et d’enivrante douceur » (Sermon 3,5) qui consiste à n’être plus « qu’un seul esprit avec Dieu ». C’est exactement ce qui ressort ici du geste de Jésus envers son cousin Jacques, qui a connu au mont Carmel cette extase mystique dont parle saint Bernard.

    Hommage à Arthur, enluminure du XIVe siècle.
    Notons encore que dans la Grèce antique, le baiser sur la bouche servait à exprimer un concept d'égalité entre personnes de même rang. Ce geste était alors un signe d'affection amical, exactement comme celui que Pierre fait spontanément en déposant un baiser sur les lèvres de Jésus (545.6). Au Moyen-âge le baiser sur les lèvres était également fréquent entre chevaliers : c’était un signe de reconnaissance et de soutien mutuel, et l’échange de ce baiser entre le seigneur et son vassal scellait le serment d’allégeance. Contrairement au baiser amoureux, il n'avait bien entendu pas la moindre connotation sexuelle."

    Notes et références