Tristesse, accablement
La tristesse est une émotion humaine ressentie à l'occasion d'un mal qui nous atteint. Dans les écrits de Maria Valtorta, la tristesse se rapporte soit à un acte de charité, soit à l'accablement qui génère craintes et découragements.
Dans "l'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
- Tu es soumis à une de ces heures de tristesse et de dégoût que notre nature humaine rencontre sur son chemin. Personne n'en est exempt, car ces heures sont suscitées par celui qui hait l'homme.[1]
- Jésus secoue sa tête en souriant péniblement à ses apôtres qui s'aperçoivent de l'infinie lassitude de ses membres, de sa voix, et surtout de son cœur, trop affligé, trop épuisé par l'effort de devoir tenir unis tant de cœurs différents, de devoir supporter et tenir caché le déshonneur du disciple incorrigible...[2]
- La tristesse de l'esprit, la peur du lendemain, les préoccupations sont toujours des armes que l'homme met dans la main de son adversaire. Celui-ci l'effraie avec les fantômes mêmes que l'homme se crée.[3]
- Le repentir est une forme d'amour. Celui qui se repent dit à Dieu par son repentir : "Je ne puis rester sous la menace de ton courroux, car je t'aime et je veux être aimé".[4]
- Il n'est pas de péché que Dieu ne pardonne si le pécheur est réellement repenti.[5]
- Même le chagrin pour une erreur commise, qui vous afflige parce que par cette erreur vous avez déplu à Dieu, doit être paisible, réconforté par l'humilité et la confiance. L'accablement, la rancœur envers soi-même est toujours l'indice de l'orgueil, et ainsi même de la défiance.
Si quelqu'un est humble, il sait qu'il est un pauvre homme sujet aux misères de la chair qui parfois triomphe. Si quelqu'un est humble, il a confiance non pas tant en lui-même qu'en Dieu et il reste calme, même dans les défaites, en disant : "Pardonne-moi, Père. Je sais que Tu connais ma faiblesse qui parfois l'emporte. Je crois que Tu as pitié de moi. J'ai la ferme confiance que Tu m'aideras à l'avenir encore plus qu'auparavant, bien que je Te donne si peu de satisfaction".
Et ne soyez ni indifférents ni avares des biens de Dieu. Donnez de ce que vous avez en fait de sagesse et de vertu. Soyez actifs en matière spirituelle comme les hommes le sont pour les choses de la chair.[6]
Dans les autres ouvrages de Maria Valtorta
Cahiers de 1943
La tristesse coupable est celle qui vient de l’incapacité de supporter les choses et les croix, humaines les premières, surnaturelles les secondes. La tristesse coupable est la soif de jouissances, de richesses, qui reste inassouvie, ou le sentiment qui vient après l’assouvissement, lequel vous laisse plus tristes qu’avant parce que votre conscience pleure. C’est cette tristesse-là que je condamne. Mais la tristesse bonne, que l’on ressent pour les malheurs des autres plus que pour les siens, l’affliction de voir Dieu vilipendé, le chagrin de voir de chers liens qui se brisent, cette tristesse-là je ne la condamne pas. Je l’ai éprouvée bien avant vous et j’ai pleuré.[7]
Dans les textes fondamentaux chrétiens
Dans la Bible
- Divertis ton âme, réconforte ton cœur et chasse loin de toi la tristesse; car la tristesse a causé la perte de beaucoup et l’on ne gagne rien à s’y abandonner.[8]
- Le jeune home s'en alla tout triste, car il avait de grands biens (Matthieu 19,22 – Marc 10,22 – Luc 18,23)
- Mon âme est triste à en mourir (Matthieu 26,38 – Marc 10,22 – Luc 18,23)
Dans le catéchisme de l'Église catholique
- 1431 : La pénitence intérieure est une conversion vers Dieu de tout notre cœur. Cette conversion du cœur est accompagnée d’une douleur et d’une tristesse salutaires que les Pères ont appelées animi cruciatus (affliction de l’esprit), compunctio cordis (repentir du cœur).
- 1765 L’appréhension du mal cause la haine, l’aversion et la crainte du mal à venir. Ce mouvement s’achève dans la tristesse du mal présent ou la colère qui s’y oppose.
- 1772 : Les principales passions sont l’amour et la haine, le désir et la crainte, la joie, la tristesse et la colère.
- 2539 : L’envie est un vice capital. Elle désigne la tristesse éprouvée devant le bien d’autrui et le désir immodéré de se l’approprier, fût-ce indûment.
- 2728 : Notre combat doit faire face à ce que nous ressentons comme nos échecs dans la prière : … tristesse de ne pas tout donner au Seigneur, car nous avons "de grands biens"...